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Le repli des prisons parisiennes et bordelaises sur le camp de Gurs (mai1940)

Les 1 329 "indésirables" français de Gurs proviennent, dans leur immense majorité, des prisons de Paris et de Bordeaux.

Cette page d’histoire est presque totalement méconnue¹.

Camp de Gurs | Le repli des prisons parisiennes et bordelaises sur le camp de Gurs (mai1940) | Gurs (64)

Le repli des prisons parisiennes

Dès le début du mois de juin 1940, l’avancée foudroyante de la Wehrmacht dans le nord-est du pays conduit le gouvernement français à procéder à un repli en urgence de se ministères et de son administration, vers le sud de la France. Une telle décision soulève d’innombrables questions. Parmi elles, se pose celle de l’évacuation des prisons parisiennes.

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Le 10 juin, les quelques 2 000 détenus des prisons de la Santé et du Cherche-Midi sont évacués "au sud de la Loire". Il semble bien que la plus grande improvisation ait présidé à ce repli, puisque la destination prévue était, à l’origine, la prison d’Orléans (Loiret), mais qu’il n’en fut rien. Le transfert des prisonniers et des gardiens, dans les autobus de la TCRP (devenue plus tard RATP), est effectué dans le plus grand désordre, sous le bruit assourdissant des avions de chasse qui survolent le convoi, les détenus étant enchaînés deux par deux, pendant une vingtaine d’heures. Arrivé à Orléans, le convoi apprend que la maison d’arrêt est bondée ; il repart donc jusqu’au camp des Groues, proche de la gare des Aubrais, où tout le monde peut enfin descendre. Prisonniers et gardiens y resteront quatre jours, du 11 au 15 juin, et y retrouveront un autre groupe d’IF venu du camp de Cépoy, près de Montargis (Loiret). Le séjour au camp des Groues est marqué par les raids incessants de l’aviation allemande qui terrorisent détenus et gardiens.

C’est pourquoi, le 15 juin, tout le monde repart. Mais cette fois, plus question d’autobus, le transfert se fera à pied. La marche, au cours de laquelle sont enregistrées plusieurs centaines d’évasions, conduit l’interminable convoi, en une journée, jusqu’au camp d’Avord (Cher), près de Bourges. Gardiens et détenus n’y restent que quelques heures, puis repartent en autobus jusqu’à Bordeaux, Mont-de-Marsan, Orthez et Gurs. Ils arrivent au camp en deux groupes, les 21 et 23 juin. Ils y resteront plusieurs mois, jusqu’au début de l’hiver.

L'écrivain Léon Moussinac note dans son journal de bord, en apprenant le nom du camp vers lequel il est conduit :
"Gurs ! Se ranime en moi le souvenir de ces lettres désespérées, de ces appels pitoyables et si dignes que j'ai longtemps reçus de la part des miliciens espagnols. Un nom lugubre, Gurs."

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Le repli des prisons bordelaises

Il est très mal connu. On sait seulement que près de 200 "indésirables" français, en provenance du Fort du Hâ et de la caserne Bouvet, à Bordeaux, ont été internés le 30 juin à l’îlot B et qu’ils en sont repartis le 25 juillet, pour la prison de Pau, semble-t-il. Les cinq témoins qui ont publié des mémoires sur le sujet, au lendemain de la guerre (Jaquier, Lecoin, Lesca, Martin et Moussinac) les mentionnent. Mais il faut bien reconnaître qu’on ne sait rien d’eux, à commencer par leurs noms. Toute l’enquête reste à faire à leur sujet.


¹ Jacky Tronel. "Le repli de la prison militaire de Paris à Mauzac", in Histoire pénitentiaire. Volume 1. Juin 2004, p. 7 à 33

 

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