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Le troisième groupe : les volontaires des brigades internationales

Les volontaires des Brigades internationales, arrivés pour les premiers le 20 avril, forment une population particulière aux yeux mêmes des autres internés. Jusqu'à leur départ définitif du camp, en mai 1940, ils constituent le groupe à la fois le plus nombreux et le plus original.

Camp de Gurs | Le troisième groupe : les volontaires des brigades internationales | Gurs (64)6 808 hommes

Les premiers "internationaux" arrivent au camp le 20 avril 1939, quelques heures après les "aviateurs". Le groupe tout entier arrive pratiquement en trois jours :
- 617 le 20 avril, internés à  l'îlot G.
- 2 350 le 21 avril, internés aux îlots G et H.
- 2 591 le 22 avril, internés aux îlots E et J.
Le 22 au soir, on en compte 5 558. Quelques centaines d'autres arriveront encore les semaines suivantes. Au total, 6 808 hommes, internés au milieu du camp, dans les îlots G, H, I et J. Leur discipline, leur prestige, leur énergie d'apparence inébranlable et la qualité de certains d'entre eux en feront les grands animateurs du camp.

Camp de Gurs | Le troisième groupe : les volontaires des brigades internationales | Gurs (64Originaires d'une soixantaine de pays différents

Origine des Internationaux internés au printemps 1939 :

Nationalités 10 mai 10 juin
EUROPE

Polonais
Italiens
Allemands
Tchécoslovaques
Autrichiens
Yougoslaves
Portugais
Hongrois
Roumains
Bulgares (1)
Baltes
Français
Grecs
Suisses
« Apatrides » (2)
Divers

Total


904

902
648
558
457
339
349
213
170
138
101
55
289
17
140
10

5 030


950

872
735
600
483
372
332
163
160
141
90
42
25
25
584
15

5 589

AMERIQUE

Argentins
Cubains
Brésiliens
Mexicains
Uruguayens
Chiliens
Canadiens et USA
Divers Amérique latine

 

174
73
27
26
19
13
-
24

 

102
81
34
30
22
17
2
22

AFRIQUE
Colonies françaises
Colonies espagnoles
Divers


71
19
1

61

17
1
ASIE
Arméniens
Divers

15
7

14

6
OCÉANIE
Australiens et Philippins

1

3
Total 5 501 6 011

 

  1. Estoniens, Lettons et Lituaniens
  2. Juifs déchus de leur nationalité allemande, autrichienne ou tchèque.

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Commentaires du tableau statistique


Quatre remarques doivent être faites.

a) un groupe essentiellement composé d'Européens.

Les neuf-dixièmes des "Internationaux" de Gurs proviennent de pays européens : 5 559 le 10 juin sur un total de 6 011 ; Les sous-groupes les plus nombreux proviennent soit à des états où la dictature est installée depuis de longues années (dès 1922 en Italie, dès 1926 en Pologne), soit à des nations étouffées par le nazisme (Allemagne, Tchécoslovaquie et Autriche). Il existe donc un lien direct entre leur présence en Espagne, puis à Gurs, et la nature antidémocratique des gouvernements de leur pays. Cette remarque n'est pas seulement justifiée pour les cinq états déjà cités, mais aussi pour ceux qui sont représentés par un groupe rassem­blant plus de cent individus : la Yougoslavie, opprimée par le régent Paul, la Hongrie par les "croix fléchées" de Horthy, le Portugal par Salalzar, la Roumanie par le roi Carol.

b) l'importance des principaux groupes ethniques ne doit rien au hasard.

Les Polonais et les Italiens avaient été, avec les Français, les premiers à être invités, dès 1936, à rejoindre les rangs des Brigades à l'appel de Stephan Wiszniewski, Luigi Longo et Pierre Rebière. Par la suite, les premières organisations "internationales", milices, centuries et bataillons, qui devaient, au cours de la guerre, devenir les brigades Dombrowski, Garibaldi, Thaelmann, Gottwald, étaient surtout composées de Polonais, d'Italiens, d'Allemands, de Tchécoslovaques. Quant aux apatrides (Allemands, Autrichiens, Sudètes et Tchèques déchus de leur nationalité pour motif racial), si leur nombre n'est pas très élevé, il faut surtout retenir leur présence dès le début de l'histoire du camp.

c) les pays démocratiques ne figurent pas sur cette liste, à commencer par la France, le Royaume-Uni, les Pays Bas, la Belgique ou les Etats-Unis.

C'est évidemment parce que les ressortissants de ces pays avaient pu rentrer chez eux et y mener une vie comparable à celle qui était la leur avant leur engagement dans les brigades. Il n'en est pas de même pour ceux qui sont mentionnés sur le tableau, puisqu'ils auraient immédiatement arrêtés et emprisonnés dès leur retour au pays.

d) les "internationaux" qui ne sont pas originaires d'Europe proviennent de tous les coins du monde, mais d'abord d'Amérique latine de langue espagnole.

La forte proportion des Argentins, pays soumis à de multiples crises de régime à la veille de la guerre, s'explique surtout par la vivacité des traditions d'émigration des prolétaires ou des petits paysans espagnols vers cette contrée.


Les combattants venus des colonies, enfin, sont issus, dans leur majorité, des Maroc espagnol et français.

 

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