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Nature des 9 823 départs du camp avant la déclaration de guerre

Sept possibilités se présentent : les rapatriements, les placements, les transferts, les incorporations, les hospitalisations, les évasions et les décès. Elles sont présentées ici par ordre de fréquence décroissante.

Camp de Gurs | Nature des 9 823 départs du camp avant la déclaration de guerre | Gurs (64)

1- Les rapatriements

C'est la forme de départ la plus fréquente : 5 721, soit 68,2 % de l'ensemble des départs.

Deux remarques doivent être faites à leur sujet.

D'une part, leur proportion varie avec l'origine des internés : les Basques sont les plus nombreux à opter pour cette possibilité, surtout au début, à l'époque où on n'imagine pas l'ampleur et la violence de la répression menée de l'autre côté de la frontière. Les "internationaux" sont les moins nombreux, puisqu'ils ne se font aucune illusion sur ce qui les attend à leur arrivée.

D'autre part, la proportion ne cesse de diminuer avec le temps : 93,1 % des départs en mai, 47,2 % en août. Il est vrai que les services du camp multiplient les pressions : convocations individuelles, pseudo referendum, chantage à l'engagement dans la Légion étrangère, pour de faibles résultats.

Le 21 août 1939, le commandant du camp écrit au préfet : "Aucun réfugié ne manifeste le désir de rentrer en Espagne avec sa famille. Les possibilités nouvelles de rapatriement ouvertes par la circulaire ministérielle du 8 août n'ont pas intéressé la masse des accueillis à Gurs. En revanche, beaucoup d'entre eux ont aussitôt rédigé, en tant que chefs de famille, une déclaration destinée aux différents chefs de refuges, interdisant le retour en Espagne des membres de leurs familles."

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2- Les placements professionnels

Les placements dans les entreprises concernent, du mois de mai au mois d'août, 2 160 hommes (22 % des départs). Leur évolution les oppose complètement aux rapatriements : ils représentent 2,7 % des sorties en mai et 49 % en août.

Ils s'expliquent, à l'origine, par un réflexe de quelques employeurs, petits patrons ou agriculteurs de la région, qui, ayant compris que le camp est une véritable réserve de travailleurs potentiels, se proposent d'embaucher quelques réfugiés dans leurs entreprises. L'usine d'aviation Laprade d'Arudy peut ainsi recruter en avril 48 ouvriers spécialisés, les communes de la vallée s'offrent en mai, à peu de frais, d'excellents bûcherons, les agricuteurs de bons moissonneurs pour les travaux de l'été, etc...

Le ministère du Travail organise ce type de placement et, pendant tout l'été, agriculteurs, faucheurs, faneurs, vignerons, bûcherons, bergers et vachers sont tour à tour embauchés dans les fermes de la vallée.

Les placements dans l'industrie sont moins fréquents (245 en tout) ; les candidats peuvent faire la preuve de leurs qualifications dans le petit atelier de mécanique installé à l'îlot A, à l'initiative des émissaires du gouvernement basque en exil. Ils sont envoyés dans les usines d'aviation (établissements Laprade, à Arudy, Dewoitine à Toulouse) ou à l'Arsenal de Tarbes.

Il est clair que ce recrutement a attiré les internés. Ils y ont vu une chance momentanée d'échapper à l'horizon des baraques. Mais leur situation administrative n'en était pas réglée pour autant puisque, malgré leur contrat de travail, ils pouvaient être réinternés à tout moment, s'ils ne donnaient pas satisfaction. Quant aux employeurs, ils ont fait une bonne affaire, s'offrant ainsi une main-d'œuvre qualifiée et peu coûteuse.

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3- Les transferts vers un autre camp

Les transferts dans d'autres centres du midi de la France sont rares, surtout lorsqu'on les compare aux mouvements qui caractériseront les périodes postérieures : quelques dizaines en tout.
La plupart d'entre eux datent du mois de juillet et ont pour destination les camps d'Agde (Hérault) et de Septfonds (Tarn-et-Garonne). Ils concernent en priorité le groupe des "Espagnols" et correspondent à des départs demandés par les intéressés eux-mêmes afin de rassembler dans un même camp les membres d'une même famille.

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4- Les incorporations dans la Légion étrrangère

Le total des engagements dans la Légion étrangère, que l'on peut, lui aussi, estimer à quelques dizaines, n'est pas connu avec précision. Par la suite, il augmentera considérablement, atteignant 532 pour le seul mois de septembre. Mais il n'a représenté, avant la déclaration de guerre, qu'une proportion infime de départs.

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5- Les hospitalisations

Les hospitalisations sont épisodiquement indiquées dans les rapports de l'administration du camp : 30 évacuations vers "La Roseraie" d'Ilbarritz le 26 avril, une cinquantaine en mai, autant en juin. A partir de juillet, elles se réduisent à quelques unités, puisque l'hôpital central du camp, enfin achevé, permet de traiter la plupart des cas. Les affections les plus souvent mentionnées sont les fractures, les ostéites, les plaies contuses et suppurantes.

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6- Les évasions

Leur nombre est très réduit, quelques dizaines en juillet et août. Non parce qu'il est difficile de s'évader du camp, bien au contraire, mais parce que, au début tout au moins, les internés n'assimilent pas Gurs à une prison. Et puis, pour ces réfugiés qui souvent ne connaissent personne dans le pays d'accueil et ne parlent pas un mot de français, où iraient-ils ? Les seuls évadés sont ceux qui appartiennent à un réseau et qui sont immédiatement pris en charge à leur sortie du camp.

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7- Les décès

Ils sont mentionnés sur les registres d'état-civil de la commune de Gurs : 12 au total (3 en mai, 6 en juin, 2 en juillet et 1 en septembre). Leurs causes résident dans des blessures mal soignées ou des maladies contractées à Argelès. Leur nombre est réduit si on le compare aux chiffres cités habituellement à Argelès, à Saint-Cyprien ou au Barcarès. Il s'explique surtout par l'hygiène correcte du camp béarnais.

Aujourd'hui encore, beaucoup d'anciens Gursiens affirment que ce nombre de 13 décès est très sous-évalué par rapport à ce qu'ils ont connu. Il faut bien reconnaître qu'aucun argument sérieux ne vient étayer leurs dires et qu'on voit mal où ces "centaines de morts" auraient pu être "discrètement enterrés".

Les 13 internés enterrés au cimetière du camp sont :

- Francisco Perez Cativiella, d'Anso, décédé le 11 mai.
- Antonio Duro Gomez, décédé le 11 mai.
- Joseph Bancels, décédé le 12 mai.
- Eduardo Olovar Lopez, décédé le 7 juin.
- Miguel Grando Chaco , décédé le 8 juin.
- Jean Prerovoski, Polonais, décédé le 9 juin.
- D. Albuin Gonzales, de Lugo, décédé le 13 juin.
- Joseph Jung, Hongrois, décédé le 17 juin.
- Esaà Kusti, Esthonien, décédé le 19 juin.
- Jesus Etcharry Culuego, de Lasarte, décédé le 9 juillet.
- Joseph Gyertyac, décédé le 9 juillet.
- Jose Dura Campos, Uruguayen, décédé le 8 septembre.

 

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