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Les effectifs internés au 24 oct. 1940

À la veille de l'arrivée des premiers Juifs badois, le 24 octobre 1940, les effectifs internés se répartissent en trois groupes : les "politiques" français, les Espagnols et les "indésirables étrangers".

En tout, 3 309 Gursiens.

Camp de Gurs | Les effectifs internés au 24 oct. 1940 | Gurs (64)Les 689 "indésirables" français ( I.F.)

Ils sont toujours enfermés dans les îlots B et D.

Il s’agit des derniers politiques : communistes, pacifistes, syndicalistes. Ils avaient été internés en mai 1940, au moment de la campagne de France, lorsque leurs "propos défaitistes" étaient considérés comme un délit à l’encontre des combattants français. Il leur était alors reproché leurs sympathies avec l’ennemi, soit qu’ils aient soutenu le pacte germano-soviétique, soit qu’ils aient signé des pétitions pacifistes. Ils ne comprennent plus très bien pourquoi ils sont encore enfermés à Gurs, puisque le nouveau régime a rendu les armes, qu’il est désormais dans la mouvance de l’ennemi d’hier, et que les prétextes invoqués pour leur internement ne sont plus juridiquement justifiés.

Leur situation est exceptionnelle à deux points de vue. D’une part, en raison de l’importance de leurs effectifs : 689 hommes, répartis dans une douzaine de baraques. D’autre part, en raison de leur statut juridique : ils sont tous en détention préventive depuis plusieurs mois et donc, en instance de départ. Ils sont, en effet, dans l’attente du jugement, prononcé par l’un des tribunaux civils repliés sur le département de la Dordogne, qui statuera sur leur sort. Plus précisément, ils attendent leur transfert vers les camps de Mauzac (Dordogne) ou de Nexon (Haute-Vienne), à partir desquels ils seront traduits devant les tribunaux.

Ils quitteront Gurs au cours des semaines suivantes, essentiellement courant novembre, les derniers le 31 décembre 1940.

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Les 1 640 républicain(e)s espagnol(e)s

Ce groupe encore très important est interné de l'autre côté de l'allée centrale, dans les îlots A, C et E. Il rassemble des hommes, des femmes et quelques enfants.

Les hommes sont pratiquement tous incorporés dans la compagnie de travail du camp, dont l'effectif vient d'être porté à 300 ouvriers. Ils occupent, depuis le début de 1'automne, les baraques de l'îlot A. Certains d'entre eux vivent à Gurs depuis avril 1939.

Les femmes résident avec leurs enfants dans les deux îlots mitoyens, C et E. Fin octobre, elles assistent consternées à l’arrivée des Badois, tentent de leur porter un peu de réconfort par le geste et par la parole, depuis leurs îlots, mais se heurtent à l’obstacle de la langue et de leur propre misère. Leur cohabitation dure peu puisqu’un millier d’entre elles sont immédiatement transférées avec leurs enfants dans le camp de Rivesaltes, désormais spécialisé dans "l'accueil" des réfugiés espagnols. Les autres, environ 300 célibataires et veuves, sont "déménagées dans les îlots du fond" (îlots K et M), où se trouve le camp des femmes, sans distinction d'origine ni de nationalité. Quelques unes d’entre elles y demeureront pendant trois longues années, jusqu’à la dissolution provisoire du 1er novembre 1943.

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Les 980 "indésirables étrangères"

Il s’agit de celles que l’on appelait, pendant l’été 1940, "les Gursiennes", c’est-à-dire les Allemandes arrivées à la fin du mois de mai. Le statut de ces femmes est identique à celui des Espagnoles, mais les statistiques du camp les décomptent séparément.

Elles sont au nombre de 980, parmi lesquelles quelques enfants. Elles sont enfermées, elles aussi, dans "les îlots du fond", proches du cimetière. Elles se répartissent en deux groupes principaux. Les premières, un peu plus de la moitié, séjournent au camp depuis le mois de mai. Elles ont toujours cru que la France les protégerait, que le régime de Vichy les préserverait des persécutions nazies et que Gurs leur offrirait sinon le confort, du moins la sécurité. Elles auraient pu émigrer au cours de l'été, mais elles n'en ont pas senti la nécessité et ne l’ont pas fait. Lorsqu'est promulgué le Statut des Juifs, début octobre, il est trop tard ; elles ne peuvent plus quitter les îlots. Les secondes sont internées depuis quelques semaines, depuis leur arrestation par les services de gendarmerie pour défaut de titres de séjour ou pour passage clandestin de la ligne de démarcation. Celles-là semblent plus conscientes des dangers que le régime de Vichy fait peser sur elles.

Toutes, anciennes comme nouvelles venues, sont groupées, début novembre, à l'îlot M, par nationalités. Toutes, seront prises au piège de l’antisémitisme de Vichy pendant les mois suivants et destinées à la déportation vers les camps d’extermination.

A la fin du mois d’octobre, l’histoire de Gurs bascule. L’arrivée de plusieurs milliers de nouveaux internés ouvre la page la plus sombre de l’histoire du camp de Gurs.
Au cours de la dernière semaine d'octobre, en effet, un véritable flot d’"indésirables" est déversé sur Gurs : 10 945 personnes, presque toutes d'origine allemande. Elles se répartissent en trois groupes :

- 6 538 hommes, femmes et enfants, provenant directement du pays de Bade, de Sarre et du Palatinat.

- 3 870 hommes transférés du camp de Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales)

- environ, 500 hommes, femmes et enfants, provenant de divers camps.

 

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